Pastoralisme : Nos rencontres avec les Ministères

J’ai rencontré avec mon équipe des représentants du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation le 06 Octobre et du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire le 17 Octobre.
Ces échanges ont été l’occasion pour nous de présenter des témoignages et lettres d’éleveurs et de représentants syndicaux du monde agricole ariégeois.
Nous avons également exposé la nécessité que le gouvernement agisse au plus vite en coopération avec les acteurs locaux et avec le secteur du pastoralisme afin de répondre aux urgences des estives ariégeoises.
Dans ce cadre nous avons fait la demande aux deux ministres chargés de ces questions d’appeler à la tenue d’Etats Généraux du Pastoralisme d’ici à Janvier 2018.
Ces lettres ont également été envoyées à la préfète de l’Ariège, Marie Lajus, à la Présidente du Conseil Régional d’Occitanie, Carole Delga, au Président du Conseil Départemental de l’Ariège, Henri Nayrou, et au Directeur de la Direction départementale des Territoires, Frédéric Novellas.

Nous publions ici en intégralité cette lettre :

« Objet : Pour des « Etats Généraux du Pastoralisme » en Janvier 2018.

Monsieur le Ministre,

L’hiver ne suffira pas à résoudre les tensions que connaît le pastoralisme ariégeois. Les lourdes pertes de brebis l’été dernier ont sonné comme le coup de trop pour les bergers et éleveurs de mon département. Encore actuellement, lorsqu’un animal est retrouvé mort les colères que l’on pensait apaisées se réveillent avec d’autant plus de force qu’aucune solution de fond n’est apportée. L’hiver arrive mais les éleveurs, les bergers, les ariégeoises et les ariégeois ne parviennent pas à trouver le calme.

Nous avons tenté de réunir des organisations et des acteurs aux positions opposées, mais les tensions sont si profondes qu’il va nous falloir davantage d’efforts et d’initiatives pour parvenir à mettre tout le monde autour de la table.

Cette difficulté s’est manifestée également lorsque Madame la Préfète Marie Lajus a dû annuler sa table ronde après le refus des organisations syndicales d’y participer. Leur communiqué était clair : les tables rondes ne sont que vaines paroles tant que des représentants du gouvernement n’y participent pas. C’est dans cette perspective que la Confédération Paysanne a rencontré le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire ainsi que votre Ministère tout comme Monsieur François Toulis, le Président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège.

La situation est arrivée à un point de blocage : les différents acteurs refusent de se rencontrer, les positions se cristallisent et le désespoir ne fait que grandir. Depuis la crise de l’été dernier, le gouvernement n’est presque pas intervenu sur le sujet, il n’a pas réalisé de visite en Ariège pour rencontrer les éleveurs. Des représentants de l’Ariège sont venus à vous comme je vous rencontre aujourd’hui ; il me semble que c’est à présent à votre gouvernement de descendre dans les Estives ariégeoises et d’intervenir. Plusieurs élus locaux et organisations syndicales et politiques demandent au gouvernement d’investir le terrain et d’apporter une solution, j’appuie cette demande.

La question de l’ours est d’autant plus complexe que nous manquons d’informations. Je pense qu’il est nécessaire de réaliser un travail d’analyse du terrain et de la question de la protection des troupeaux. Il s’agirait de dresser un bilan du pastoralisme en Ariège, des conditions de vie et de travail des professionnels du secteur, mais aussi de faire le point sur les prédations et les moyens mis en place ou ceux qui ne le sont pas pour protéger les troupeaux. Enfin, ce travail d’analyse doit être aussi bien une étude quantitative que qualitative à travers des entretiens auprès de professionnels du secteur, d’associations ou d’organisations syndicales.

Ce bilan sera l’occasion d’impliquer les différents acteurs sur la question de l’ours et du pastoralisme en Ariège. Il appellera à un deuxième volet, à un volet d’action et de prise de décisions. Dans les échanges que j’ai pu avoir avec les ariégeoises et les ariégeois, l’absence de politique claire de la part du gouvernement est le point qui a été le plus souvent mentionné. Quelle stratégie le gouvernement met-il en place pour la protection des troupeaux et du pastoralisme en Ariège ? Comment adapter la formation des bergers à la protection des troupeaux ? Comment améliorer les moyens de protection actuellement insuffisants voire inadaptés ? Comment adapter le barème et le système d’indemnisation à la situation actuelle ? Quelle politique mettez-vous en place pour garantir la viabilité du pastoralisme ariégeois ? Et quelle stratégie le gouvernement prévoit pour assurer la biodiversité en Ariège ?

C’est pour vous poser ces questions que je rencontre aujourd’hui votre ministère. Je pense pourtant que la réponse ne pourra pas venir uniquement de votre cabinet ministériel mais devra faire l’objet d’une concertation large et publique mêlant le gouvernement et les acteurs du secteur (professionnels, élus locaux, agents de l’Etat, syndicats et associations).

Je souhaiterais donc que votre ministère ainsi que le Ministère de la Transition écologique et solidaire organisent des « Etats Généraux de la protection des troupeaux en Ariège » au mois de Janvier 2018 afin d’inviter les différents acteurs du secteur à dresser un bilan de la situation de la protection des troupeaux et à trouver des solutions à appliquer dès la prochaine saison des Estives.

Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire et pour participer à l’organisation de ce Etats Généraux.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Bénédicte Taurine»

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