Lettre ouverte aux élus du Conseil Départemental de l’Ariège

Depuis la rentrée, je rencontre avec mon équipe différents acteurs et actrices du pastoralisme et de la biodiversité en Ariège. J’ai pu échanger avec des éleveurs et des bergers, avec le ministère de l’Agriculture et celui de la Transition Ecologique ainsi qu’avec des représentants des syndicats agricoles, des associations ou encore avec des élus de l’Ariège. J’ai constaté, après ces entretiens, qu’il fallait agir d’urgence pour la viabilité des exploitations agricoles, des activités liées à la montagne et du pastoralisme en général. En réponse à cette crise, j’ai proposé l’idée de tenir des Etats Généraux du Pastoralisme en Janvier 2018 (cf. notamment ma « Lettre aux femmes et aux hommes du pastoralisme ariégeois »).

C’est dans cet objectif que j’ai adressé une demande aux différents acteurs du secteur et tout particulièrement aux deux ministères en charge du dossier ainsi qu’au Conseil Départemental de l’Ariège et à la Préfecture (cf. ma demande « pour la tenue d’Etat Généraux du Pastoralisme ») afin d’organiser cet évènement. Je suis satisfaite d’apprendre dans La Dépêche que lors de la séance plénière du 23 octobre 2017 le Conseil départemental reprend ma proposition d’Etats Généraux du pastoralisme à Foix, le 9 décembre prochain. Cette nouvelle me semble aller dans le bon sens. Les divergences politiques et partisanes ne doivent pas être un frein à la construction de solutions pour le pastoralisme mais, dans le respect de nos différences, elles peuvent être le cadre de notre action commune.

Vous le savez tout comme moi, nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un simple exposé des faits ni d’une énième table ronde sans débouché concret. Nous ne pouvons pas non plus nous complaire dans des postures idéologiques faites de déclarations péremptoires et de tabous. Cela fait plus de vingt ans que les positions dites de principes nourrissent les colères et bloquent toute avancée sur la question. Afin que nous évitions ces écueils, il est nécessaire de définir un cadre clair à la discussion. Je me permets de vous présenter ici mes propositions.

Tout d’abord, nous devons profiter de cette rencontre pour réunir l’ensemble des acteurs du pastoralisme, aussi bien les agriculteurs que les associations et les élus. Pour que la concertation soit réelle, personne ne doit être mis de côté. Ensuite, il me semble essentiel de donner une échelle pyrénéenne à ces Etats Généraux afin de saisir la question de l’ours dans toutes ses dimensions. De ce point de vue, nous devrons également traiter la question économique et sociale qui se cache derrière l’ours : celle du revenu de nos paysans et de la crise du modèle agricole actuel.

Je propose que la discussion s’organise en trois principaux temps de réflexion. Dans un premier temps, il s’agira de dresser un véritable bilan quantitatif et qualitatif de la situation des exploitations, de la protection des troupeaux ainsi que de la prédation et de la présence de l’ours. Afin de réaliser ce bilan un appel à participation peut être lancé de sorte que chaque participant puisse présenter son propre bilan et ses propres solutions. Cette première phase de bilan doit laissera à chacun la liberté de s’exprimer. A partir de ce bilan nous pourrons poser les bases d’une deuxième phase de discussion sur les solutions à apporter.

Enfin, il s’agira d’envisager une troisième phase à ces Etats Généraux : celle de la prise de décisions politiques. Comme vous le savez, nous ne sommes pas à l’abri d’un drame humain dans nos montagnes. Les tensions sont actuellement très importantes et la prochaine saison des estives arrivera rapidement ; il nous faut apporter des solutions concrètes au plus vite. De ce point de vue, les représentants du Ministre de l’Agriculture et du Ministre de la Transition Ecologique nous ont assuré l’accord sur le principe de la présence de représentants du gouvernement à cette rencontre. Je m’engage à soutenir toute demande de participation de ces ministères.

La défense du pastoralisme ariégeois est vitale pour la sauvegarde de l’activité dans nos montagnes et dans nos vallées auxquelles nous sommes, vous comme moi, attaché.e.s.

Je me tiens alors à votre disposition pour travailler ensemble à l’organisation et à la tenue de ces Etats Généraux du Pastoralisme et attends vos retours sur mes propositions.

Bénédicte Taurine

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