Droit des étrangers : La circulaire de la honte.

Question au Gouvernement (2) :

J’ai interrogé M. le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb lors des Questions au Gouvernement, sur la circulaire du 12 Décembre mettant fin au principe d’accueil inconditionnel des personnes sans abri dans les centre d’hébergement d’urgence.

Cette circulaire vise à transformer les centres d’hébergements d’urgence en centre de contrôle, où les sans-abris étrangers seront stigmatisés et rejetés.
Cette mesure ne fait qu’aggraver la situation et alimente la division entre les personnes.

Comble du cynisme, M. G.Collomb ne trouve rien de mieux que d’affirmer : « la réponse est ailleurs, dans le développement de l’Afrique »

Une autre politique est possible et urgente, l’État doit prendre ses responsabilités.

Question au Gouvernement n°432 du 19/12/2017 :

ACCUEIL DES RÉFUGIÉS

M. le président. La parole est à Mme Bénédicte Taurine, pour le groupe La France insoumise.

Mme Bénédicte Taurine. Monsieur le président, ma question s’adresse à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.

M. Fabien Di Filippo. Il est fatigué !

Mme Bénédicte Taurine. Je vais dans le même sens que ma collègue s’agissant de la description qu’elle vient de faire de l’accueil des réfugiés. Le Défenseur des droits nous alerte en outre sur la déshumanisation croissante du droit des étrangers dans notre pays.

M. Thibault Bazin. Il y a une complicité entre les insoumis et la majorité !

Mme Bénédicte Taurine. Les associations et les collectifs dénoncent les conditions inacceptables dans lesquelles les réfugiés sont accueillis. Dans le 10e arrondissement de Paris, ils sont des centaines à piétiner devant la plate-forme d’accueil des demandeurs d’asile. En vingt mois, ils ont été 40 000 à vivre et à dormir sur ce trottoir de la honte, qui symbolise la politique d’accueil des étrangers dans notre pays.

Il y a quelques jours, plusieurs maires, des riverains et des élus appelaient l’attention sur la détresse de ces personnes face à un État qui ne prend pas ses responsabilités. Votre politique, en matière de droit des étrangers, n’est pas à la hauteur de la situation. Elle laisse des milliers de personnes sans hébergement et sans nourriture, les condamnant à des problèmes sanitaires et d’insécurité Et, loin de répondre à l’urgence, votre circulaire franchit un pas de plus dans l’indignité. Vous mettez fin au principe d’accueil inconditionnel des personnes sans abri dans les centres d’hébergement d’urgence…

M. Claude Goasguen. C’est faux !

Mme Bénédicte Taurine. …et vous demandez aux services de l’État d’exercer des contrôles. Avec ou sans papiers, ces hommes et ces femmes ont un point commun : ils sont sans abri, ils vivent dehors, ils sont chassés par les douches anti-SDF, et le mobilier urbain est conçu pour qu’ils ne puissent surtout pas s’y installer. Et, comble du cynisme, ils peuvent être verbalisés pour encombrement d’un trottoir !

Votre circulaire, monsieur le ministre, vient confirmer la politique de votre gouvernement : plutôt que de donner les moyens d’un accueil digne, vous cherchez à déplacer les étrangers, voire à les placer en centre de rétention.

Monsieur le ministre, allez-vous retirer votre circulaire indigne, comme le réclament les associations ? (Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe NG.)

M. Ugo Bernalicis. Et que ferez-vous des réfugiés climatiques ?

M. le président. La parole est à M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur.

M. Gérard Collomb, ministre d’État, ministre de l’intérieur . Madame la députée, qu’avons-nous fait en termes d’augmentation de nos capacités d’hébergement et en matière d’asile ?

M. Pierre Cordier. C’est la même fiche que tout à l’heure !

M. Gérard Collomb, ministre d’État. Entre 2012 et 2019, le nombre de places dans le Dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile est passé de 44 000 à 87 000.

Mme Bénédicte Taurine. Ce n’est pas la question !

M. Gérard Collomb, ministre d’État . En même temps (« Ah ! » sur quelques bancs du groupe LR) nous avons aujourd’hui 128 000 places en hébergement d’urgence – soit 10 000 places de plus que l’an dernier. Il faut donc chercher la réponse ailleurs.

Mme Danièle Obono. Et la circulaire ?

M. Gérard Collomb, ministre d’État . Comme l’a dit le Président de la République, la réponse réside dans le développement de l’Afrique. Notre politique consiste donc à faire une analyse juste et à distinguer entre celles et ceux qui sont des réfugiés politiques ou des réfugiés des guerres qui se mènent dans notre monde, et celles et ceux qui souhaiteraient seulement trouver un avenir chez eux. C’est ce que nous faisons avec le Président de la République, et c’est l’essence même du discours qu’il a prononcé à Abidjan. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe REM.)

M. Thibault Bazin. Ce ne sont que des mots ! Et du laxisme !

 

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