Communiqué violences sexuelles et sexistes : « Ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol »

35 000 personnes ont manifesté samedi à Pampelune contre la qualification d’abus sexuel un viol perpétré par cinq hommes sur une jeune femme lors des fêtes de Pampelune en juillet 2016.

L’affaire est sordide et fait froid dans le dos. En effet, cinq Sévillans, âgés de 27 à 29 ans, qui se surnommaient eux-mêmes « La meute », ont été condamnés jeudi à une peine de neuf ans de prison chacun (peine initiale 22 ans), pour, désormais, « abus sexuel » sur une Madrilène de 18 ans.

Les avocats de ces criminels, dans un élan d’inhumanité, soutenaient que la victime était consentante puisqu’elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image. Finalement, les juges n’ont pas retenu la notion de « viol », pour lequel le Code pénal espagnol stipule qu’il doit y avoir eu « intimidation » ou « violence ».

Dès lors, la contestation n’a cessé d’enfler, de nombreux Espagnol·e·s s’indignant, à raison, qu’un des trois juges se soit prononcé pour la relaxe des cinq hommes.

Le parquet a annoncé qu’il ferait appel de la décision et le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy s’est prononcé pour une révision du Code pénal afin de mieux définir les agressions sexuelles et les viols. Je ne peux qu’abonder dans ce sens lorsque l’on sait qu’en Espagne, un viol a lieu toutes les six heures.

Ce refus de nommer un viol pour ce qu’il est en Espagne ne peut que faire écho à la situation de la France. En effet, 60 à 80 % des affaires de viol poursuivies dans notre pays ne sont pas examinées par les cours d’assises, où sont jugés les crimes, mais par les tribunaux correctionnels, comme des délits.

En tant que députée français, membre de la délégation des Droits des femmes, je soutiens tout d’abord cette jeune femme dans toutes ses épreuves aujourd’hui. Je soutiens également la pétition demandant la révocation des trois juges a recueilli 1,3 million de signatures.

Des Espagnoles se sont également mises à raconter sur les réseaux sociaux les agressions sexuelles qu’elles ont subies avec le hashtag #Cuéntalo (« Raconte-le« ), donnant un nouvel écho à la vague mondiale #MeToo. Je ne peux aussi que les soutenir et leur dire de continuer ce combat pour faire tomber ce patriarcat oppressant.

 

 

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