Projet de loi Agriculture et Alimentation : un projet de loi pour rien

Le projet de loi «pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable», issu des Etats Généraux de l’Alimentation, est en ce moment étudié en séance publique.

En l’état actuel, le volet «Alimentation saine et durable» de la loi n’a pas de quoi engager l’agriculture dans un vrai changement de modèle, plus respectueux de l’environnement et de la santé. Fake news ?

50 organisations de la société civile (ONG environnementales et de solidarité internationale, Confédération paysanne, UFC-Que choisir…) jugent le projet « sans ambition ». Autant dire que le Make Our Planet Green Again n’est pas à l’ordre du jour.

Trois points de recul du président Macron :

1. Interdiction du glyphosate en 3 ans

C’était l’un des engagements d’Emmanuel Macron. Dans un tweet, le 27 novembre, il promettait d’interdire le glyphosate en France «au plus tard dans trois ans», après la décision au niveau européen de prolonger de cinq ans l’autorisation de l’herbicide le plus vendu au monde. Cet objectif n’est pas intégré au projet de loi.

En commission des Affaires économiques, aucun de nos amendements proposant l’interdiction du glyphosate n’est passé. Balayé d’un revers de main. Pas même celui du rapporteur de la loi, le député LREM Jean-Baptiste Moreau…

Retrouvez ici une pétition des ONG pour l’interdiction du glyphosate.

2. La cause animale

Emmanuel Macron a déclaré pendant la campagne présidentielle que la vidéosurveillance dans les abattoirs serait mise en place. Et prit l’engagement d’interdire d’ici à 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. Là non plus, la loi ne suit pas les promesses : ces deux mesures sont absentes du texte. Veto du ministre de l’Agriculture, qui renvoie aux «plans de filières», très timides sur le sujet.

Nous avons présenté en commission de nombreux amendements en faveur de la cause animale. Dans le désordre, nous pouvons citer l’interdiction du système de cages et interdiction de la vente au consommateur, l’interdiction des cages pour l’élevage des lapins. Egalement dans nos propositions, favoriser l’élevage en herbe des animaux et l’interdiction de pratiques pour tuer/torturer l’animal (castration à vif, étourdissement au dioxyde de carbone, l’étourdissement par électronarcose par bain d’eau … ).

3. Menus végétariens dans les cantines

Alors qu’elle a constitué un sujet important lors de l’élection présidentielle, l’introduction d’un plat végétarien hebdomadaire –sans viande ni poisson – dans les établissements de restauration collective a plusieurs fois été proposée depuis le début des débats. Mais le gouvernement y a systématiquement donné un avis défavorable.

C’est un sujet où le groupe de la France insoumise va encore plus loin puisque nous la proposons comme alternative de manière quotidienne. Nous défendons également l’introduction de critères locaux et de saisons dans l’approvisionnement des cantines, un certain pourcentage de produits issus de l’agriculture biologique…

 

Enfin, ce projet de loi ne répond en rien aux problèmes quotidiens de nos agriculteurs et du monde paysan. Il faut rappeler qu’un agriculteur se suicide en France tous les deux jours ( Source : ici ) et que ce projet de loi ne va pas permettre de soulager ces hommes et ces femmes qui n’arrivent pas pour certains à se payer.

De notre côté, notre mouvement regorge d’alternatives pour une agriculture durable et paysanne. Nous en avons fait notre cheval de bataille lors des campagnes présidentielles et législatives 2017. Vous retrouverez l’ensemble de nos propositions dans l’hémicycle en suivant les débats parlementaires, mais aussi en suivant ce lien vers notre livret thématique : https://avenirencommun.fr/livret-agriculture/

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