#17 – Non à la mine d’or en Guyane

Retrouvez ici la question écrite que j’ai posée au Ministre Nicolas Hulot :

« Mme Bénédicte Taurine attire l’attention de M. le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, sur le projet de mine d’or en Guyane. A la fin de l’année 2017, ses deux collègues Mathilde Panot et Adrien Quatennens interrogeaient M. Nicolas Hulot sur ce projet et notamment sur les reculs pour l’environnement, le droit des citoyen.ne.s guyanais.es et le non-respect des accords de Paris. Après plusieurs mois, le ministère envoyait une réponse identique aux deux questions affirmant le lancement d’un débat public au printemps 2018 qui permettra « d’objectiver le bilan économique du projet et ses impacts sociaux et environnementaux ». Nous sommes à présent à l’été 2018 et les nouveaux éléments apportés par l’ONG WWF et les associations guyanaises confirment les interrogations des deux député.e.s insoumis.e.s.

Au niveau environnemental, le projet porté par la compagnie prévoit un déboisement total de 1513 hectares dont une déforestation de forêts primaires, à forte valeur écologique, de 575 hectares, sur un site où plus de 2000 espèces végétales et animales dont 127 protégées ont été inventoriées. Selon l’opérateur, pour extraire l’or, 57 000 tonnes d’explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 195 millions de litres de fuel seront nécessaires pour les 12 ans de durée de vie du projet.

Au niveau économique, ce projet est un non-sens où pas moins de 420 millions d’euros d’argent public seraient engloutis pour des multinationales russe et canadienne tandis que l’extrême volatilité du cours de l’or risque à tout moment de remettre en cause la rentabilité de l’extraction, baissant alors les recettes fiscales.

Au niveau démocratique et social, ce projet connaît un large front d’opposition allant de l’UTG aux organisations Autochtones de Guyane. L’ampleur de la mobilisation a d’ailleurs conduit la Commission nationale consultative des droits de l’homme à demander un moratoire sur ce sujet. Enfin, un récent sondage Ifop commandé par WWF montre que 75% des Guyanais.es estiment que ce projet présente un risque important pour l’environnement.

Des alternatives existent pour protéger l’environnement et développer l’économique de la Guyane. Chaque année, 20 000 touristes visitent la Guyane, nombre qui pourrait atteindre les 60 000 touristes en 2024 selon le Schéma Régional de Développement du Tourisme de Guyane. Selon WWF, ce modèle permettrait de créer six fois plus d’emplois directs que le projet Montagne d’Or avec quatre fois moins de subventions publiques. En outre, s’agissant de l’or, la première mine d’or en France est urbaine : elle se cache dans nos téléphones portables. Selon l’ONG les Amis de la Terre, il y aurait désormais plus d’or dans une tonne de vieux téléphones portables que dans une tonne d’un gisement d’or exploité. Actuellement, sur les 20 kg de déchets électriques et électroniques engendrés chaque année par un Français, à peine 7 kg sont collectés, dépollués et recyclés par les structures agrées. L’industrie du recyclage est une alternative durable et capable de relancer l’appareil productif français.

Ces différents éléments viennent confirmer la nocivité du projet de mine d’or en Guyane, l’objectivation du bilan de ce projet étant faite, il revient au gouvernement de l’annuler. »

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