« Cohabitation entre l’ours et le pastoralisme »

« Dubitative, je veux rester optimiste »

2019-03-15 11-34-1

Article de La Dépêche du Midi sur « Ours et pastoralisme »

Éleveurs et bergers attendent des réponses claires de l’État pour trouver des solutions pérennes qui limiteront la prédation de l’ours dans les estives. Les professionnels demandent l’arrêt des réintroductions et des mesures concrètes allant jusqu’à la capture des ours les plus agressifs.

Les anti-ours ont largement boycotté la réunion de concertation intitulée «ours et pastoralisme», ce lundi, à la préfecture de région à Toulouse. Pouvait-il d’ailleurs en être autrement, tant la présence du plantigrade sur le massif et la question d’en réintroduire de nouveaux divise. Toutefois, et sur cette question épidermique, l’État semble vouloir mettre la pédale douce. «Sur cette question de la réintroduction, confirme Philippe Lacube, le président de la chambre d’Agriculture de l’Ariège, il nous est apparu que ce n’était plus une priorité. Ceci nous donne un peu d’espoir.» Pour autant la question de la cohabitation est encore loin d’être réglée. «Ce qu’il nous faut, estime Philippe Lacube, c’est un vrai projet de décohabitation.» Pour faire tomber la pression de la prédation dans les estives, les professionnels agricoles estiment qu’il ne suffit pas d’accompagner les éleveurs sur la seule protection des troupeaux.

Zones de nourrissage, capture, effarouchement

D’autres mesures doivent être mises en œuvre par l’État. «Ce qui doit nous animer, précise Philippe Lacube, c’est d’assurer une autre gestion de l’ours dans nos montagnes. Des solutions existent dans d’autres pays», rappelle le président de la chambre d’Agriculture.

L’idée de zones de nourrissage pour fixer les prédateurs sur un secteur, procéder à des tirs d’effarouchement voire à la capture font leur chemin. Président de la fédération pastorale ariégeoise, Alain Servat, préfère ne pas se prononcer encore. «Pour l’heure, explique-t-il, je vais attendre de prendre le pouls de la structure. Nous attendons tous de connaître le contenu des mesures que l’État compte proposer.» Et d’ajouter : «Mais nous avons tous besoin de réponses rapides et claires, et avant la montée des troupeaux dans les estives.» Et comme le président de la chambre, Alain Servat reconnaît que l’idée d’autoriser les éleveurs à réaliser des tirs d’effarouchement «va dans le bon sens».

Reste à savoir si la réglementation sera mise en œuvre dès cette saison, notamment dans le Couserans qui concentre la large majorité des attaques recensées dans le département.

«l’ours est une contradiction»

Le sénateur PS de l’Ariège Alain Duran n’a pas tardé à réagir après la réunion de concertation qui s’est tenue ce lundi à la préfecture de région à Toulouse. «L’ours est une contradiction, a estimé le parlementaire. Il est dommage que l’État, qui annonce vouloir conforter le pastoralisme, se contredise dans la foulée en promouvant la réintroduction d’un prédateur qui n’apporte qu’incertitudes et interrogations à cette activité agricole bien spécifique», estime encore Alain Duran dans un court communiqué. Et de rappeler que l’augmentation des populations ursines ne fait qu’accroître le nombre d’attaques sur les troupeaux d’ovins.

Dubitative, la députée insoumise Bénédicte Taurine veut quant à elle rester optimiste, même si elle s’interroge sur qui va financer l’enveloppe de 5,2 millions d’euros destinée à couvrir les besoins d’indemnisation des éleveurs. «J’ai donc demandé du concret pour avancer dans le sens d’une cohabitation entre l’ours et le pastoralisme. Cela suppose une évaluation des mesures de protection, mais surtout que les acteurs du pastoralisme se retrouvent autour de la table afin de pouvoir donner leur expertise de terrain. Il est nécessaire de laisser de côté les positionnements dogmatiques qui cristallisent les tensions sans permettre de traiter pragmatiquement la question de la prédation. C’est par la discussion et le respect de toutes les parties que cette question pourra évoluer positivement.»

Source : La Dépêche du Midi du 13/03/19.

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