80 ans de la catastrophe d’Izourt

« J’étais à la commémoration des 80 ans de la catastrophe d’Izourt.

La construction du barrage hydroélectrique d’Izourt entre 1937 et 1940, nous la devons au courage de 349 travailleurs qui ont participé à ce chantier titanesque situé à 1 650 m d’altitude dans les Pyrénées.

Après l’effroyable saignée de 1914 / 1918, les peuples d’Europe sont encore une fois au bord de la guerre. Les Pyrénées voient passer un flot ininterrompu de réfugiés espagnols parmi eux des guérilleros qui s’illustreront dans la résistance et joueront un rôle essentiel notamment dans la libération de notre département.

Ils fuient les ultimes soubresauts d’une guerre fratricide qui déchire l’Espagne depuis 1936. Au-delà des Alpes, Benito Mussolini, continue à acheminer du matériel aux troupes franquistes.

A Izourt, 180 Français, 107 Italiens, 39 Espagnols, 18 Andorrans et des travailleurs de diverses nationalités étaient là malgré le fait qu’en ce début d’année 39, la guerre se prépare.

C’est lorsque j’étais enseignante au collège de Vicdessos que j’ai pu connaître l’histoire de ces hommes grâce au roman de Monsieur Gilbert Galy. « Izourt une effroyable tragédie » dédié aux martyrs Italiens et français.

Cette tragédie a eu lieu au mois de mars 1939, lors d’une tempête particulièrement violente, deux bâtiments fragilisés par le poids de la neige s’effondrent sur les ouvriers. Immédiatement, leurs camarades organisent les premiers secours, les conditions météorologiques extrêmes rendent l’opération très difficile.
Le bilan est très lourd, cette catastrophe fait 31 morts, âgés de 23 à 52 ans. Parmi eux, 29 étaient Italiens et deux étaient Français. Tous sont enterrés dans le petit cimetière de Vicdessos.

Nous pouvons aujourd’hui rendre hommage à ces victimes notamment grâce à Jean-Pierre Ruffé qui en 2002 a créé l’association «Ricordate-Izourt», de cet accident tragique, reste des liens indéfectibles qui se sont noués entre les familles italiennes et françaises.

Je tiens donc à remercier et saluer cette association, née du désir d’un groupe de femmes et d’hommes souhaitant rendre hommage aux ouvriers ayant participé à l’effort de développement de leur vallée et plus particulièrement à ceux qui l’ont payé de leur vie.

En commémorant cet épisode historique de la vallée, je souhaite aussi faire le lien avec la période actuelle.

Dans un contexte politique inquiétant je souhaite :
• Rappeler d’abord combien la coopération entre les peuples permet d’accomplir de grandes choses.
• Rappeler l’importance de la solidarité, de la fraternité et du devoir de mémoire qu’il faut sans cesse entretenir,
• Rappeler l’ouvrage lui même et son importance au regard des questions écologiques qui se posent à nous aujourd’hui.

Sans le savoir à l’époque, ces hommes construisaient ce qui 80 ans plus tard reste notre avenir.

A l’heure où nos besoins énergétiques ne cessent d’augmenter tout en ayant conscience des conséquences qu’ils engendrent, les barrages hydroélectriques restent pour la France, la première source d’énergie renouvelable et un enjeu de plus en plus stratégique pour la gestion de l’eau et la production d’énergie.

Il est indiscutable qu’ils sont un bien commun et leur gestion doit donc rester sous maîtrise publique.

A l’heure du court terme et de la course au profit, je veux ici que l’on se souvienne des travailleurs d’Izourt et que l’on rende hommage à ces hommes qui ont travaillé dans des conditions terribles, qui ont souffert ou qui ont péri pour construire des structures durables et transmissibles aux générations futures. Connaissant leurs sacrifices et ceux de leurs familles il nous appartient plus que jamais de les sauvegarder dans l’intérêt de toutes et tous. »
https://france3-regions.francetvinfo.fr/…/ariege-il-y-80-an…

Izourt

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