Ours – Ariège

« Étant donné les commentaires que mon premier communiqué a suscité (voir ci-dessous), je tenais à apporter quelques précisions.

Contrairement à ce que suggèrent certains commentaires, ma position n’est pas « anti-ours ». Je pense que la binarité « pro-ours »/ « anti-ours » ne peut conduire qu’à une impasse. En tant qu’élue France Insoumise (et professeur de SVT), la préservation de la biodiversité me paraît évidemment indispensable. Les faits sont d’ailleurs sans appel. Entre 1970 et 2014 (c’est à dire à l’échelle d’une vie humaine) la population de vertébrés sauvages a décliné de 60%, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Une étude, publiée en mai 2018 dans la revue PNAS de l’Académie des sciences des États-Unis sous la direction du professeur Ron Milo, estime que notre bétail représente 60 % de la biomasse des mammifères du monde. Celle des êtres humains représente 36% des mammifères de la planète et celle des animaux sauvages ne représente que 4%.

Par ailleurs, quand on parle de l’élevage, il faut distinguer différents types d’élevage. Si l’élevage intensif industriel qui maltraite les animaux (et les humains qui y travaillent) est un modèle qu’il faut évidemment abandonner (à la fois par une volonté politique mais aussi par une prise de conscience des consommateurs), il me semble important de préserver et de favoriser les petits élevages, qui respectent davantage l’animal. C’est le cas du pastoralisme de notre département. Loin des fermes-usines, nos petites fermes sont un exemple d’élevage qui respecte la nature puisqu’elles font avec la nature sans chercher à la modifier ou à la contrôler – avec les dérapages que l’on connaît comme la vache folle a pu le montrer. C’est pourquoi, je soutiens le pastoralisme et comprends les éleveurs ariégeois car je pense que seules les petites fermes sont un modèle d’avenir, vu l’effondrement catastrophique de la biodiversité. Ainsi, il me semble important de ne pas tomber dans une vision caricaturale opposant l’élevage à l’écologie mais qu’il faut plutôt soutenir un élevage respectueux de l’écologie, et donc des animaux mais aussi des humains. Il n’y a donc pas d’autres solutions que la cohabitation et celle-ci ne peut se faire qu’avec la nécessaire implication de l’État, à savoir : des moyens financiers et humains qui, pour l’instant, ne sont pas à la hauteur. »

 

Premier communiqué :

« Suite au dérochement* d’un troupeau ce matin à Aston, il est urgent que l’État prenne ses responsabilités!

Le niveau de prédation est malheureusement déjà très élevé en ce début de saison. Depuis août 2017, je m’implique pleinement dans le suivi du dossier concernant l’ours. A plusieurs reprises, j’ai alerté les ministères concernés, rencontré des éleveurs, l’ONCFS et les associations environnementales. Bien évidemment, je suis en lien étroit avec la préfecture et présente lors des réunions à la préfecture de Région ; cette semaine j’ai interpellé Monsieur De Rugy.

Le mois dernier j’ai été nommée coprésidente du groupe d’études « élevage pastoral » à l’Assemblée nationale. Celui-ci a pour objectif de traiter divers thèmes en lien avec le pastoralisme comme le développement des filières, les aides de la PAC et bien évidement l’impact des prédateurs.

Dans le cadre du groupe d’études, nous allons, dès le mois de juillet, auditionner le ministre de l’agriculture, la secrétaire d’état auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, le préfet de région Monsieur Maillos afin d’avoir des propositions concrètes d’accompagnement et des engagements fermes sur la question des moyens. Je compte m’entretenir avec les acteurs institutionnels départementaux le plus rapidement possible.
Lors de mes visites sur les estives où j’ai accompagné des éleveurs, j’ai constaté que la situation est « explosive ». Les éleveurs et bergers semblent tiraillés entre le stress et l’inquiétude de monter sur les estives, la volonté de poursuivre l’activité pastorale mais aussi la colère et le découragement lorsqu’ils découvrent les cadavres de leurs animaux. Humainement cette situation est invivable et j’apporte mon soutien aux acteurs du pastoralisme.

Préserver la présence de l’ours dans les Pyrénées est une volonté politique gouvernementale depuis les années 80 qui ne doit pas se faire au détriment des gens. C’est à l’État de gérer les prédateurs et d’assurer prioritairement la sécurité des usagers de la montagne, qu’ils soient promeneurs, bergers ou autres.
Actuellement la situation est critique du fait des mesures prises qui ne sont pas à la hauteur des risques encourus. Il faut donc que l’État prenne ses responsabilités et assure lui-même la protection des personnes et de leurs biens sur les territoires où l’ours est présent. Des moyens humains qualifiés sont indispensables.
Depuis de nombreuses années, la situation est enkystée et le dialogue parfois impossible. Au lieu de nous regarder en « chien de faïence » et de nous rejeter les « fautes », faisons chacun un pas, réunissons-nous et dialoguons afin d’agir de façon responsable pour le bien commun. »

*https://www.ladepeche.fr/…/derochement-en-ariege-il-perd-so…

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