Visite du chantier de Sabart

Samedi 28 septembre, je me suis rendue à Sabart sur le chantier de la réfection de la conduite forcée en présence du PDG de EDF. Voici mon intervention :

« Au delà de la rentabilité économique de nos barrages, je souhaite rappeler leur caractère indispensable voire vital, pour notre département mais aussi pour notre pays à l’heure de l’urgence climatique que nous devons affronter.

De nombreuses concessions de barrages hydroélectriques vont arriver à échéance et vous n’êtes pas sans savoir que l’Europe met la pression sur la France pour casser le monopole d’EDF et forcer l’ouverture à la concurrence. Cette privatisation s’avère aussi dangereuse qu’incompréhensible au regard de la volonté affichée de faire ladite « transition écologique ».

Le gouvernement veut à la fois déployer les voitures électriques sans augmenter le nucléaire et en vendant la première source d’énergie renouvelable (et deuxième ressource électrique) du pays au privé !!

Au delà de la contradiction criante, vendre les barrages au privé est très dangereux pour notre indépendance énergétique :
Que se passera-t-il le jour où, sous la pression d’un pays étranger, des multinationales possédant les barrages français décideront subitement de « couper les vannes » ?

En France, les centrales hydrauliques fournissent 12 % de la production électrique et représentent 66 % de notre consommation de « pointe ». Mais surtout, elles représentent 70 % de l’énergie renouvelable actuellement produite.
Pire que pour nos autoroutes, cette mesure vise, là encore, à accaparer les ressources publiques et rentables dans les mains d’entreprises privées dont l’objectif est de faire toujours plus de profit pour toujours moins de services aux publics.

De plus, nos barrages ont un rôle structurant dans la gestion de la ressource en eau. Non seulement ils produisent de l’électricité mais ils nous permettent de gérer nos ressources en eau pour l’irrigation agricole ou la distribution de l’eau potable. Les barrages français, stockent 75% des réserves en eau douce de surface et l’hydroélectricité est au cœur d’un système éco-dynamique (agriculture, industrie, tourisme, eau potable).

Au vu des transformations climatiques à venir, l’eau va indéniablement devenir un objet de tensions, notamment à cause des sécheresses. Ceci risque d’induire à long terme des contraintes sur les ressources disponibles. L’eau est donc une ressource stratégique sur laquelle l’État doit garder la main.

C’est donc un sujet brûlant dont nous devons nous emparer si l’on ne veut pas (encore) le regretter dans quelques années. Étant donné l’enjeu stratégique qu’il représente, même les Etats-Unis ont fait machine arrière et ont abandonné la privatisation de la gestion de leurs barrages. C’est donc à nous d’être collectivement vigilants, et cela dès aujourd’hui, car, comme disait Albert Camus : « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». »

https://www.ladepeche.fr/…/tarascon-sur-ariege-le-pdg-dedf-…

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